Et son regard plana longtemps sur la mer…

Son regard plana longtemps sur la mer
Aramis se mordit les lèvres.
— Rien ! rien ! Pardon, je voulais dire…
— Quoi ?
— Que si nous voulions, s’il nous prenait fantaisie de faire une promenade en mer, nous ne pourrions pas.
— Bon ! voilà qui vous tourmente! Beau plaisir, ma foi ! Quant à moi, je ne le regrette pas. Ce que je regrette, ce n’est pas, certes, le plus ou moins d’agrément que l’on peut prendre à Belle-Isle. Ce que je regrette, Aramis, c’est Pierrefonds, c’est Bracieux, c’est le Vallon, c’est ma belle France ! Ici l’on n’est pas en France, mon cher ami ; on est …Lire la suite »

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Mon ami, mon seul ami, parlez !

Mon ami, parlez !
— Oh ! mon ami, pour qui me prenez-vous ?
— Comment?
— Si vous savez, pourquoi me cachez-vous? Si vous ne savez pas, pourquoi m’avertissez-vous?
— C’est vrai. J’ai eu tort. Oh! je me repens bien, voyez-vous, Raoul. Ce n’est rien que d’écrire à un ami : « Venez !  » Mais avoir cet ami en face, le sentir frissonner, haleter sous l’attente d’une parole qu’on n’ose lui dire…
— Osez! j’ai du cœur, si vous …Lire la suite »

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La figure sombre et pensive d’Aramis apparut…

Aramis apparut
Commencé de cette héroïque façon, le souper devint promptement une fête ; nul ne s’occupa plus d’avoir de l’esprit, personne n’en manqua. La Fontaine oublia son vin de Gorgny, et permit à Vatel de le réconcilier avec les vins du Rhône et ceux d’Espagne. L’abbé Fouquet devint si bon, que Gourville lui dit : — Prenez garde, monsieur l’abbé, si vous êtes aussi tendre, on vous mangera.
Les heures s’écoulèrent ainsi joyeuses et …Lire la suite »

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Quand je me vis suspendu…

Descente dans le puits
Ils n’eurent pas plutôt refermé la porte que, sans prendre la peine de traverser le vestibule, je sautai par la fenêtre et courus au puits. Alors, comme s’était penché mon gouverneur, je me penchai à mon tour. Je ne sais quoi de blanchâtre et de lumineux tremblotait dans les cercles frissonnants de l’eau verdâtre. Ce disque brillant me fascinait et m’attirait ; mes yeux étaient fixes, ma respiration haletante ; le puits m’aspirait avec sa large bouche et son haleine glacée ; il me semblait lire au fond de l’eau des caractères de feu tracés sur le papier qu’avait touché la reine. Alors, sans savoir ce que je faisais, et animé par un de ces mouvements instinctifs qui vous poussent sur les pentes fatales, je roulai …Lire la suite »

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L’artiste contempla ce groupe avec satisfaction

Atelier du peintre
Il ouvrit la porte et fit passer ses hôtes. Le roi marchait derrière la Valliere et dévorait des yeux son cou blanc comme de la nacre, sur lequel s’enroulaient les anneaux serrés et crépus des cheveux argentés de la jeune fille.
La Valliere était vêtue d’une étoffe de soie épaisse de couleur gris-perle glacée de rose, une parure de jais faisait valoir la blancheur de sa peau, ses mains fines et diaphanes froissaient un bouquet de pensées, de roses du Bengale et de clématites au feuillage finement découpé, au-dessus desquelles s’élevait, comme une coupe à verser des parfums, une tulipe de Harlem aux tons gris et violets, pure et merveilleuse espèce, qui avait coûté cinq ans de combinaisons au jardinier et cinq mille livres au roi.
Ce bouquet, Louis l’avait mis dans la main de la Valliere en la saluant.
Dans cette chambre dont Saint-Aignan venait d’ouvrir la porte se tenait …Lire la suite »

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Une patrouille de Suisses parut dans le jardin

Au pied du mur
L’échelle arriva juste à l’arête de la corniche, c’est-à-dire presque à l’appui de la fenêtre, de sorte qu’un homme placé sur l’avant-dernier échelon, un homme de taille moyenne, comme était le roi, par exemple, pouvaitfacilement communiquer avec les habitants ou plutôt les habitantes de la chambre. A peine l’échelle fut-elle posée, que le roi, laissant là l’espèce de comédie qu’il jouait, commença de gravir les échelons, tandis que Malicorne tenait l’échelle. Mais, à peine était-il à moitié de sa route aérienne, qu’une patrouille de Suisses parut dans le jardin et s’avança droit à l’échelle. Le roi descendit précipitamment et se cacha dans un massif. Malicorne comprit qu’il fallait se sacrifier. S’il se cachait de son côté …Lire la suite »

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La Vallière tendit au mousquetaire sa main frêle et blanche

La Vallière, d'Artagnan, LouisXIV
— Eh bien ! Louise, pour tous prouver combien je vous aime, je veux faire une chose : j’irai trouver Madame.
— Vous?
— Je lui ferai révoquer la sentence, je la forcerai…
— Forcer? Oh ! non, non!
— C’est vrai : je la fléchirai.
Louise secoua la tête.
— Je prierai, s’il le faut, dit Louis. Croirez-vous à mon amour, après cela?
Louise releva la tête.
— Oh ! jamais pour moi, jamais ne vous humiliez ; laissez-moi bien plutôt mourir.
Louis réfléchit; ses traits prirent une teinte sombre. …Lire la suite »

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