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Les deux adversaires restèrent quelque temps…

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D'un bond, il fondit sur Laubespin
Les deux adversaires restèrent quelque temps immobiles en face l’un de l’autre en s’observant avec une vigilance mutuelle. A la fin une rougeur brûlante s’étendit sur les joues de Broussel, et le sang dont ses yeux étaient injectés parut en jaillir dans un regard plein de rage. Au même instant, d’un bond aussi rapide que celui d’un tigre affamé qui aperçoit une proie, il fondit sur Laubespin. Le comte s’attendait à cette attaque furieuse ; pour éviter le poignard près de s’enfoncer dans sa poitrine, il s’élança de côté et de la main gauche saisit le bras droit de son adversaire avec une vigueur doublée par l’imminence du danger. Pourtant, quelle que fût l’énergie de cette étreinte, Broussel parvint à se dégager, et levant de nouveau son couteau-poignard, peut-être allait-il porter un coup fatal à Laubespin, lorsque l’interruption la plus inattendue changea l’événement du combat.
Du massif de cyprès où s’était caché quelques instants auparavant le beau-père de Laure, M. de Roquefeuille s’élança tout à coup, aussi à propos qu’ait jamais pu descendre de sa machine aérienne le dieu habituellement chargé du dénouement dans les tragédies antiques.
 
Extrait de Un beau-père, de C. de Bernard, publié dans Les Bons Romans, 1862.

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